Le Togo a proposé ce mardi 24 février 2026 une réflexion audacieuse : instaurer un Nouvel An africain officiel, fondé sur les références historiques et culturelles propres au continent. L’annonce a été faite par le ministre des Affaires Etrangères, Robert Dussey, dans un communiqué qui place cette démarche sous le signe de la réaffirmation identitaire.
L’initiative s’inscrit dans le cadre des travaux du Haut comité sur la Décennie des racines africaines et de la diaspora africaine, dont le Togo assure actuellement la présidence. Elle fait suite aux recommandations du 9ᵉ Congrès panafricain organisé à Lomé en décembre 2025, qui appelait à une décolonisation des imaginaires et à une réinvention culturelle du continent .
Le constat de départ est simple : le calendrier grégorien, imposé durant la période coloniale, a progressivement supplanté des systèmes de mesure du temps ancestraux, fondés sur les cycles agricoles, cosmiques et spirituels des civilisations africaines. Cette acculturation a contribué à une perte de repères identitaires que le Togo entend désormais corriger .
Pour mener à bien cette réflexion, un colloque international sera organisé à Lomé, réunissant historiens, anthropologues, chefs traditionnels, leaders religieux et intellectuels du continent et de la diaspora. L’objectif est de définir, sur des bases scientifiques et culturelles solides, une date et un symbole fédérateurs pour la célébration d’un Nouvel An africain .
Le Togo s’inspire ici d’exemples mondiaux : la Chine célèbre son Nouvel An, Israël le sien, l’Inde a Diwali, l’Iran son Norouz, et l’Éthiopie perpétue Enkutatash, son propre calendrier. Pourquoi l’Afrique ne pourrait-elle pas, elle aussi, affirmer sa souveraineté temporelle et offrir à ses peuples un moment commun de célébration, ancré dans leur histoire et leurs traditions ? .
À l’issue du colloque, les conclusions et recommandations seront transmises à la Commission de l’Union africaine pour une éventuelle adoption à l’échelle continentale. Au-delà du symbole, cette initiative porte une ambition plus profonde : celle d’une Afrique qui choisit de définir elle-même ses repères, de valoriser son héritage et d’inscrire son développement dans une trajectoire enracinée dans sa propre culture .

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