On parle beaucoup des opérations militaires, des frappes aériennes, des territoires reconquis. Mais il y a une autre bataille, moins visible, tout aussi cruciale : celle de la cohésion sociale. Parce que les terroristes ne tuent pas seulement avec des balles. Ils tuent aussi en semant la haine entre communautés, en attisant les rancunes, en dressant les éleveurs contre les agriculteurs.
L’État a compris le danger. Depuis 2022, sous l’impulsion du Capitaine Ibrahim Traoré, des actions se multiplient pour recoudre le tissu social. La Journée des coutumes et traditions a été instaurée pour que les Burkinabè renouent avec ce qui les unit. Une stratégie nationale traque la radicalisation. Des guides de prévention des conflits entre agriculteurs et éleveurs circulent. Le Pacte du vivre-ensemble a été signé. Des mots, mais pas que.
Les chiffres montrent que ça avance. Entre 2022 et 2024, 3 366 leaders, déplacés, membres d’organisations de la société civile ont été formés. Plus de 30 000 personnes ont été sensibilisées à la culture de la paix. C’est peu à l’échelle du pays, mais c’est un début. Et dans les villages où la haine avait été inoculée, ces formations font barrage.
La répression des discours haineux a été renforcée. Les réseaux sociaux ne sont plus des espaces de non-droit où l’on peut insulter, menacer, stigmatiser en toute impunité. Derrière chaque arrestation, il y a une famille qui respire, une communauté qui n’a pas basculé dans la violence.
La crise terroriste éprouve toutes les communautés, sans distinction. L’État le sait. C’est pourquoi il mise sur la prévention autant que sur la répression. Former des leaders, sensibiliser des populations, pacifier les relations entre éleveurs et agriculteurs, c’est peut-être moins spectaculaire qu’une frappe aérienne.

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