Le manioc, c’est le pain quotidien de millions d’Africains. Après le maïs, c’est l’aliment de base le plus consommé sur le continent. Mais une menace silencieuse progresse. Une maladie virale, la striure brune, ronge les plantations. Et si rien n’est fait, c’est l’insécurité alimentaire qui pourrait frapper.
Les chiffres donnent le vertige. 54,6 % de la superficie totale de l’Afrique, soit 16,2 millions de kilomètres carrés, offrent des conditions favorables à la culture du manioc. Des zones immenses, où des familles entières dépendent de cette racine pour survivre. Mais dans le même temps, 10,2 millions de kilomètres carrés, soit un tiers du continent, sont propices à la propagation de la striure brune.
Le rapport est sans appel. La maladie avance. Les variétés traditionnelles ne résistent pas. Les boutures, échangées d’un champ à l’autre, transportent le virus sans que les paysans le sachent. Résultat : les rendements s’effondrent, les récoltes pourrissent, les familles se retrouvent sans ressources.
Les chercheurs tirent la sonnette d’alarme. Pour éviter la catastrophe, ils recommandent deux mesures urgentes : sélectionner des variétés résistantes, et mettre en place des systèmes de distribution de boutures certifiées saines. Pas de solutions miracles, du travail de terrain. De la recherche, de la formation, de la logistique.
Le manioc est une culture rustique, qui résiste à la sécheresse, qui pousse sur des sols pauvres. C’est l’ultime rempart contre la faim dans les régions les plus vulnérables.

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