Le Secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), Wamkele Mene, ne tarit pas d’éloges. Reçu ce jeudi 21 mai 2026 par le Président du Conseil Faure Gnassingbé, le haut responsable a qualifié de « décision historique » l’exemption de visa accordée par le Togo à tous les ressortissants des pays africains. Une mesure annoncée le 18 mai dernier, à quelques jours du Sommet de l’Union africaine, et qui fait déjà date dans l’histoire de l’intégration continentale. Le Togo devient ainsi l’un des premiers pays d’Afrique de l’Ouest à ouvrir ses frontières sans restriction à l’ensemble des citoyens du continent.
Pendant des décennies, les Chefs d’État africains ont multiplié les discours sur la libre circulation, mais rares sont ceux qui sont passés aux actes. Les tracasseries aux frontières, les visas chers et longs à obtenir, et les refus d’entrée arbitraires ont trop souvent entravé la mobilité des Africains, y compris celle des hommes d’affaires, des étudiants, des chercheurs et des artistes. En supprimant unilatéralement cette barrière, le Président Faure Gnassingbé envoie un signal fort au continent : les mots de l’Unité africaine doivent se traduire dans les faits, sans attendre que tous les autres pays aient fait le même chemin. La ZLECAf, qui vise à créer un marché unique de 1,4 milliard de consommateurs, a désormais un allié de poids dans sa croisade pour la libre circulation des personnes, au même titre que celle des biens et des capitaux.
Les retombées économiques attendues sont considérables. Un homme d’affaires sénégalais qui souhaite explorer des opportunités d’investissement au Togo n’aura plus à patienter plusieurs semaines pour obtenir un visa. Un étudiant ivoirien pourra s’inscrire à l’Université de Lomé sans frais supplémentaires.
Un artisan burkinabè exposera ses œuvres sur le marché de la capitale togolaise sans formalités décourageantes. À l’heure où le commerce intra-africain ne représente encore qu’environ 15% des échanges totaux du continent, contre 60% en Europe et 40% en Amérique du Nord, ce type de mesure est un accélérateur puissant pour l’intégration régionale.
Le port de Lomé, déjà hub logistique majeur, pourrait bien devenir une plaque tournante des investissements et des talents venus de tout le continent.

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