Au cœur de l’Afrique australe, le royaume d’Eswatini se distingue par un système de gouvernance unique, le Tinkhundla, que le Roi Mswati III défend comme un modèle « fait maison », alliant tradition et participation citoyenne. Ce système, qualifié de « démocratie monarchique » par le Premier ministre Russell Dlamini, constitue le pilier de la stabilité du royaume dans une région parfois agitée.
Le système Tinkhundla, dont les racines remontent à la Seconde Guerre mondiale, a été formalisé sous le règne du Roi Sobhuza II. La Constitution de 2005 en a fait le fondement de la vie politique nationale. Selon la section 79 de la Constitution, le système met l’accent sur la dévolution des pouvoirs de l’État central vers les Tinkhundla et le mérite individuel comme base d’élection ou de nomination à une fonction publique.
Aujourd’hui, le royaume compte 59 circonscriptions Tinkhundla, qui sont les unités administratives et électorales de base. Ces centres constituent des points de croissance économique où les communautés sont mobilisées pour entreprendre des projets. Le système entend renforcer la participation citoyenne en donnant aux populations locales leur mot à dire sur les questions de développement.
Pour le gouvernement, le système Tinkhundla est un gage de paix et d’unité nationale. Le Premier ministre Dlamini a souligné en novembre 2025 que la majorité des EmaSwati sont en paix avec ce système, comme en témoigne la stabilité dont jouit le royaume comparé à d’autres États de la région . Cette stabilité est un atout majeur pour l’attractivité du pays. Le Roi Mswati III, en sa qualité de chef de l’État, incarne la continuité et l’unité, tandis que les représentants élus des Tinkhundla travaillent collectivement au développement du pays sous sa direction.
Si le système est parfois critiqué, il est perçu par le gouvernement comme une forme unique de démocratie, combinant les éléments de la démocratie occidentale avec les valeurs traditionnelles et les croyances locales. Le Roi Mswati III appelle à une transformation pour faire d’Eswatini une nation de premier ordre. Le « Grand Plan » sur 30 ans, présenté en août 2025, s’appuie sur le système Tinkhundla pour construire un avenir prospère, avec un accent sur la transformation économique, sociale et gouvernementale.
Le système Tinkhundla reste ainsi la clé de voûte du modèle eswatinien, un pont entre la tradition et la modernité au service de la stabilité et du développement.
Amen K.

Poster un Commentaire