Lancée en octobre 2024 par le président Ibrahim Traoré, l’initiative présidentielle « Faso Mêbo » qui signifie en langue mooré « le Burkina se construit » vise à améliorer l’aménagement urbain, à renforcer la cohésion nationale et à promouvoir l’utilisation des ressources locales dans la construction d’infrastructures publiques. Deux ans après son lancement, ses effets transforment concrètement le paysage burkinabè, des grandes artères de la capitale aux pistes rurales les plus reculées.
Le défi de départ était de taille. Le réseau routier du pays compte environ 60 000 kilomètres, dont seulement 4 000 étaient asphaltés en 2024. Pour y remédier, des brigades de la route ont été déployées avec un objectif ambitieux, celui de bitumer entre 3 000 et 5 000 kilomètres de routes chaque année. Le bilan 2025, présenté par le Premier ministre, fait état de plus de 100 kilomètres de routes nationales asphaltées, 66 kilomètres de rues urbaines traitées et environ 700 kilomètres de routes rurales aménagées un rythme encore en deçà des objectifs, mais dont les effets se font déjà sentir sur le terrain, notamment en facilitant les déplacements, en fluidifiant le transport des marchandises et en connectant mieux les zones rurales aux villes.
À Ouagadougou, la transformation est particulièrement visible : la phase pilote a débuté dans la capitale, avec des travaux de pavage et de bitumage sur plusieurs artères principales, telles que l’avenue du Burkina, le mémorial Thomas Sankara et l’avenue Guillaume Ouédraogo. Ce modèle est appelé à essaimer : les autorités prévoient déjà d’étendre les travaux de bitumage et de pavage à Bobo-Dioulasso, où une vingtaine de kilomètres de route sont en cours de bitumage dans la capitale économique. Un chantier plus structurant encore a été lancé : une autoroute de 332 kilomètres en 2×4 voies reliant Ouagadougou à Bobo-Dioulasso, pensée pour désenclaver durablement le corridor économique central du pays.
Au-delà des routes, l’initiative mobilise aussi la solidarité nationale. Le fonds citoyen Faso Mêbo, alimenté via la plateforme Faso Arzeka et la Banque des Dépôts du Trésor, a déjà collecté plus de 281 millions de FCFA à la date du 24 juillet 2026, avec seize des dix-sept régions ayant franchi le seuil des 10 millions de FCFA de contributions.
Face à ces premiers résultats, le gouvernement veut passer à l’échelle : le déploiement de Faso Mêbo est prévu dans l’ensemble des régions en 2026, afin d’accélérer le désenclavement, de réduire les coûts logistiques et de renforcer l’intégration territoriale. Un chantier de souveraineté qui, brique après brique, redessine le visage du Burkina Faso.
Amen K.
