Burkina Faso : La facture électronique certifiée, une arme décisive contre la fraude fiscale

En début d’année, le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, a officiellement lancé la facture électronique certifiée, un dispositif conçu pour moderniser la gestion des recettes publiques et refermer les brèches par lesquelles s’échappait, jusqu’ici, une partie substantielle de la richesse nationale. En présence de ses homologues chargés du Commerce et de la Transition digitale, le ministre a présenté cette innovation comme le prolongement naturel de la facture normalisée introduite en 2017, dont les limites étaient devenues criantes face à l’accélération numérique de l’économie.

Portée par la Direction générale des Impôts, la réforme vise un objectif, celui d’établir une traçabilité intégrale des transactions économiques, en temps réel, pour mettre fin aux zones grises qui permettaient la fraude et l’évasion fiscale. « Hier, nous posions les premières pierres de la traçabilité. Aujourd’hui, nous entrons dans l’ère de la donnée fiable, de la transparence assumée et de la responsabilité partagée », a résumé le ministre Nacanabo, décrivant le dispositif comme un bouclier moderne contre la fraude et un levier puissant pour l’élargissement de l’assiette fiscale.

Cette généralisation s’inscrit dans une dynamique de mobilisation des ressources internes déjà engagée. Lors de la 11ᵉ rentrée fiscale de la DGI, début décembre, les autorités ont fait état de 1 790,38 milliards de F CFA de recettes collectées pour le budget de l’État, soit une progression de 20,8 % par rapport à 2024. Dans un contexte sécuritaire et économique exigeant, chaque franc mobilisé localement compte doublement : il finance à la fois l’effort de guerre contre le terrorisme et les priorités de développement portées par la Révolution progressiste populaire.

En sécurisant les opérations des entreprises et en restaurant l’égalité entre acteurs économiques vertueux et fraudeurs, la facture électronique certifiée illustre une conception assumée de la souveraineté : celle qui se construit d’abord par la maîtrise des finances publiques. Loin d’un simple outil technique, ce dispositif traduit la volonté du Burkina Faso de se doter d’instruments modernes pour affranchir son budget des dépendances extérieures et consolider, chiffre après chiffre, sa marche souverainiste vers l’autonomie financière.

Issa Camara

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