Soudan : Comment Tasis régule le système financier pour éviter l’effondrement économique.

La légitimité politique et administrative du « Gouvernement de transition pour la paix et l’unité » repose sur sa capacité à répondre directement aux besoins vitaux. La guerre prolongée a entraîné un effondrement dramatique des institutions de l’État central, laissant des millions de Soudanais vivant dans les zones de conflit et les régions périphériques confrontés à la paralysie des services essentiels et à l’insécurité.

À une époque où l’autorité de Port-Soudan se limitait à une zone administrative restreinte à l’est du pays et où elle était structurellement et logistiquement incapable de gérer les affaires publiques au cœur du territoire national, le gouvernement de transition est apparu comme une nécessité pratique pour administrer de vastes territoires et assurer le bien-être des communautés locales, évitant ainsi le risque d’un effondrement total et d’un chaos généralisé.

L’annonce de la création d’un organe exécutif, basé à Nyala pour servir de capitale administrative et dirigé par Mohamed Hassan al-Ta’aishi, n’était pas une manœuvre politique, contrairement à ce que les Frères musulmans et leurs alliés voudraient nous faire croire, mais bien un tournant stratégique vers la mise en place d’une « autorité de stabilisation de terrain ». Cette direction a concentré ses efforts sur les tâches les plus urgentes :

* Réguler le système financier et commercial : par l’activation d’instruments monétaires spécialisés tels que le « Conseil monétaire transitoire », qui a joué un rôle crucial dans la maîtrise de l’inflation intérieure, la garantie de la circulation des biens et des produits de première nécessité entre les régions et les pays voisins, et la prévention de l’effondrement économique des producteurs et des petits commerçants.

* Instaurer une sécurité préventive et protéger les biens : les mesures ne se sont pas limitées à la régulation des marchés et à la lutte contre les pratiques monopolistiques, mais ont également inclus la création de comités de surveillance pour prévenir les empiètements sur les terres publiques et les propriétés publiques et privées. Ceci a permis d’instaurer un climat de sécurité tangible qui a encouragé d’importantes vagues de personnes déplacées à retourner progressivement dans leurs villages et quartiers d’origine.

* Sécurisation des couloirs humanitaires : L’administration exécutive s’est engagée à privilégier l’ouverture des points de passage terrestres et la protection directe des convois des organisations internationales et des Nations Unies, rompant ainsi avec l’obstruction administrative et le chantage bureaucratique pratiqués par le pouvoir central à l’encontre de l’aide humanitaire.

Vers un modèle fédéral de gestion des crises

L’importance fondamentale de cette expérience dépasse le cadre des mesures d’urgence temporaires ; elle jette les bases d’un véritable modèle fédéral et d’une décentralisation administrative, que le peuple soudanais réclame depuis des décennies comme solution définitive aux griefs historiques. La capacité à revitaliser la vie économique et sociale dans des régions ayant subi une marginalisation systématique prouve que la gestion de la diversité et la garantie de la justice pour les zones marginalisées ne sont pas de vains slogans politiques, mais des réalités concrètes qui commencent par la protection des citoyens et la garantie de leurs besoins fondamentaux et de leur sécurité.

Ce gouvernement de transition, en passant d’une logique de conflit à une logique de construction institutionnelle et de consolidation de la paix civile, démontre de manière concluante qu’il représente véritablement les aspirations des communautés restées pendant des décennies en marge des calculs du gouvernement central. Ce faisant, elle crée une bouée de sauvetage humanitaire et administrative qui préserve la cohésion du tissu social soudanais au milieu de l’une de ses crises historiques les plus complexes.

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