À quelques jours de l’anniversaire de son accession au pouvoir, le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a fait hier, dimanche 27 septembre 2026, le point devant les journalistes sur les acquis en matière de sécurité, de défense, de réformes administratives, de développement et de reconquête du territoire. Son message : un pays en pleine mutation.
Sur le front sécuritaire, le chef de l’État s’est félicité du niveau d’aguerrissement des combattants burkinabè, décrivant une armée aux ressources humaines compétentes et déterminées. Il a également mis en avant un équipement conséquent, destiné à combattre le terrorisme comme à préparer la défense de la souveraineté nationale. Plusieurs localités et zones stratégiques, notamment frontalières, ont été reprises après avoir échappé plusieurs années au contrôle de l’État. Selon lui, les populations sont réinstallées avec les moyens nécessaires à un développement local durable. Il a aussi abordé la réorganisation de l’armée, l’industrie de défense et la vigilance sur les réseaux sociaux, où certaines images peuvent renseigner l’ennemi.
Sur le plan économique, la ligne est celle de la réappropriation. Le président a estimé que les secteurs stratégiques ne peuvent être laissés au privé, citant la SOSUCO et la SOFITEX. Il a annoncé que Faso Yaar disposera bientôt de grands entrepôts d’approvisionnement pour les commerçants, avec des produits importés exclusivement par l’État. Il a aussi présenté la lutte contre la fraude comme un enjeu à la fois économique et sécuritaire.
L’agriculture est un autre pilier. L’Offensive agropastorale et halieutique, jugée réussie, est prolongée par une seconde phase (2026-2028) intégrant l’hydraulique, afin de permettre de cultiver en toute saison, avec semences et engrais subventionnés près des producteurs.
À l’échelle régionale, le capitaine Traoré a plaidé pour une cohabitation entre l’AES et la CEDEAO afin de faciliter la libre circulation des biens et des personnes. Il a demandé aux populations de rester attentives sur la monnaie de l’AES et jugé réaliste une candidature commune des pays de l’AES à la CAN 2032. Il a enfin invité les médias de l’AES à déconstruire le narratif de l’impérialisme et à aider les populations à se projeter dans l’avenir.
Ce bilan dessine un projet cohérent : sécuriser, produire, contrôler les leviers stratégiques. À l’orée de la cinquième année, le défi sera de transformer ces orientations en résultats durables, visibles dans le quotidien des Burkinabè.
Fofana B.
