Burkina Faso : L’hydro-agriculture et aménagement des bas-fonds, l’État passe à la vitesse supérieure pour conquérir et pérenniser sa souveraineté alimentaire

Face aux aléas climatiques et aux défis sécuritaires, le Burkina Faso fait de la maîtrise de l’eau l’un des piliers de sa politique agricole. Dans un pays où l’agriculture dépend encore largement de pluies irrégulières, l’État multiplie les efforts en faveur de l’hydro-agriculture et de l’aménagement des bas-fonds, afin de produire davantage et de réduire la dépendance aux importations.

L’hydro-agriculture vise à mobiliser et à gérer l’eau pour les cultures, grâce aux périmètres irrigués, aux retenues d’eau et aux petits barrages. Elle permet de produire en saison sèche, d’augmenter les rendements et de limiter les risques liés aux poches de sécheresse. Pour les producteurs, c’est la possibilité de diversifier les cultures, notamment le riz, le maraîchage et les produits à forte valeur ajoutée, et de mieux planifier leurs campagnes.

Les bas-fonds, ces zones basses où l’eau s’accumule naturellement, offrent des terres fertiles à moindre coût. Leur aménagement, par des digues, des diguettes et des ouvrages de régulation, permet de retenir l’eau, de lutter contre l’érosion et d’étendre les surfaces cultivables. Cette approche, adaptée aux exploitations familiales, est un levier pour améliorer les revenus en milieu rural et fixer les jeunes sur leurs terres.

Ces investissements s’inscrivent dans la vision du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, qui place la souveraineté alimentaire au cœur de l’action gouvernementale. Produire suffisamment pour se nourrir suppose des infrastructures hydrauliques fiables, mais aussi l’accompagnement des producteurs : formation aux techniques agricoles, accès aux intrants et aux équipements, entretien des ouvrages et gestion concertée de l’eau.

Le chemin reste exigeant. L’entretien des aménagements, la sécurisation des zones de production, le financement durable et l’implication des communautés locales conditionneront la réussite de cette stratégie. La formation des producteurs et le transfert de technologies adaptées seront également déterminants pour inscrire ces acquis dans la durée.

En investissant dans l’eau et dans les terres de bas-fonds, le Burkina Faso entend transformer une contrainte naturelle en opportunité de développement. Reste à consolider ces efforts pour que chaque hectare aménagé se traduise par plus de récoltes et de revenus.

Amadou H.

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