Le gouvernement congolais vient de frapper un grand coup. Par un décret signé le 27 février 2026 et publié le 9 mars, les opérateurs de télécommunications ont jusqu’en juillet 2027 pour céder 25 % de leur capital à des investisseurs locaux. La mesure réduit de moitié, avec effet rétroactif, un moratoire de dix ans qui avait été accordé aux entreprises pour se conformer à la loi . Une décision qui s’inscrit dans la vision du Président Félix Tshisekedi pour une meilleure répartition des richesses.
Pendant des années, les géants des télécoms ont prospéré en RDC sans partager les fruits avec les Congolais. Vodacom Congo est détenu à 51 % par le groupe sud-africain Vodacom, Orange RDC appartient à 100 % au groupe français Orange, Airtel relève de l’indien Bharti Airtel, et Africell du groupe américain Africell Holding . Pendant ce temps, le chiffre d’affaires du secteur grimpait de 9 % pour atteindre 2,09 milliards de dollars en 2024 . Une manne qui sortait du pays sans laisser de traces.
L’article 40 de la loi n°20/017 du 25 novembre 2020 prévoit pourtant que 30 % du capital des entreprises de télécoms doivent être détenus par des intérêts congolais. Sur cette part, 25 % sont destinés à des personnes physiques ou morales congolaises, et 5 % spécifiquement aux travailleurs des entreprises . Des dispositions qui dataient déjà de 2002, mais que les opérateurs étrangers ont toujours réussi à contourner, grâce à des moratoires complaisants.
Le Président Félix Tshisekedi a tranché. Il a qualifié la non-application persistante de la loi « d’anomalie juridique et sociale », ayant pour effets « la privation d’un droit légalement reconnu aux travailleurs, le maintien des déséquilibres dans la gouvernance des entreprises du secteur et l’affaiblissement du dialogue social » .
Ce que fait la RDC devrait inspirer tous les pays africains qui cherchent à reprendre le contrôle de leurs ressources stratégiques. Pendant trop longtemps, les richesses du continent ont profité à des actionnaires étrangers pendant que les populations locales restaient les mains vides.

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