Mozambique : Le Président Daniel Chapo ou la rigueur budgétaire au service de la crédibilité retrouvée

Face à une dette publique record de 16,238 milliards de dollars en 2024, en hausse de 26,2 % en cinq ans, le Président mozambicain Daniel Chapo a fait le choix de la responsabilité plutôt que de la fuite en avant. Depuis son arrivée au pouvoir, le Chef de l’État a engagé une véritable discipline budgétaire, articulée autour de trois leviers complémentaires : la rationalisation des dépenses publiques, l’amélioration du recouvrement fiscal et le renforcement de l’autorité financière de l’État, avec un objectif clair, restaurer la confiance des créanciers internationaux et poser les bases d’une croissance durable.

Sur le plan fiscal, l’ambition est significative : porter les recettes de l’État à 25 % du PIB, contre 21 % actuellement, grâce à l’élargissement de l’assiette de la TVA, à la réforme de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et à la numérisation du recouvrement des impôts, un chantier de modernisation qui doit permettre de réduire l’évasion fiscale et d’élargir durablement la base contributive. Les recettes tirées de la production minière et pétrolière, estimées à 102 millions d’euros, viennent renforcer cet effort, avec 10 % de ces ressources directement fléchées vers le développement des provinces productrices, une manière de traduire concrètement la richesse nationale en bénéfices locaux. Côté dépenses, une réduction de 5,3 % par rapport à 2024 traduit une volonté assumée de consolidation budgétaire, effort d’autant plus notable qu’il s’opère dans un contexte économique et sécuritaire difficile.

Cette rigueur s’accompagne d’une gestion active et pragmatique de la dette. Le gouvernement a soldé par anticipation 630 millions de dollars dus au FMI, bien avant l’échéance de 2029, et négocie la conversion d’1,4 milliard de dollars de dette chinoise en yuans, sur le modèle d’un accord similaire déjà conclu avec le Brésil. Fidèle à sa méthode, le Président Chapo a fait le choix de la prudence en subordonnant toute restructuration plus large de la dette à la conclusion préalable d’un nouveau programme avec le Fonds monétaire international, une approche qui privilégie la crédibilité sur le long terme plutôt que des solutions de court terme.

Ce cap budgétaire, exigeant mais assumé, s’accompagne d’une préoccupation sociale que le Chef de l’État a tenu à réaffirmer : il a récemment rejeté des propositions de réformes jugées susceptibles d’alourdir le coût de la vie pour les Mozambicains, rappelant que toute consolidation des finances publiques doit se faire sans sacrifier la protection des citoyens. Une manière, pour Daniel Chapo, de démontrer qu’un pays peut conjuguer rigueur financière, souveraineté des choix économiques et attention portée à sa population, trois exigences rarement faciles à concilier, mais que le Président mozambicain semble déterminé à tenir de front.

Amen K.

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*