Bénin : Le diagnostic du paludisme s’appuie désormais sur l’intelligence artificielle

Bien que des progrès aient été enregistrés dans sa prise en charge, le paludisme demeure l’un des enjeux sanitaires majeurs auxquels le Bénin doit encore faire face. Pour affiner le diagnostic de cette maladie, les autorités sanitaires béninoises misent désormais sur les technologies numériques, l’intelligence artificielle s’imposant comme une piste prometteuse au sein du dispositif public.

Le pays s’apprête ainsi à installer 20 dispositifs de diagnostic du paludisme fonctionnant grâce à l’intelligence artificielle dans ses hôpitaux publics de référence. D’après des informations relayées le lundi 7 septembre par les médias sud-coréens Korea Biomedical Review et eDaily, l’entreprise Noul s’est vu attribuer un marché public par le ministère béninois de la Santé pour la fourniture de sa solution technologique miLab MAL.

Ce premier lot de 20 appareils sera prioritairement affecté aux établissements hospitaliers gérant les cas les plus graves, avant une extension progressive à d’autres structures du réseau sanitaire public. Cette étape traduit le basculement de miLab MAL, jusque-là utilisé de façon ponctuelle dans certains établissements, vers une intégration officielle au sein du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP).

Des résultats validés par une étude clinique

Cette adoption fait suite à une évaluation clinique conduite en 2025 dans plusieurs centres hospitaliers universitaires, tant au nord qu’au sud du Bénin, portant sur 211 enfants suspectés de paludisme grave. D’après les données communiquées par Noul, l’outil a affiché une sensibilité de 98,82 % et une spécificité de 100 % comparé à la microscopie traditionnelle, tout en réduisant considérablement le temps d’examen — moins de 20 minutes, contre environ 75 minutes avec la méthode classique. Sur cette base, le PNLP a homologué miLab MAL comme dispositif de diagnostic au point de service et en a recommandé l’usage dans la lutte contre la maladie.

Une automatisation complète du processus

Le fonctionnement de miLab MAL repose sur une automatisation poussée : préparation du frottis sanguin, numérisation des échantillons, puis analyse par intelligence artificielle capable de détecter les parasites responsables du paludisme, pour un résultat plus rapide et standardisé.

Cette avancée technologique survient alors que la maladie continue de peser lourdement sur le pays : selon l’Organisation mondiale de la santé, le Bénin a recensé environ 5,1 millions de cas et près de 9 900 décès liés au paludisme en 2024. L’intégration de miLab MAL au PNLP ouvre désormais à Noul un accès durable au système sanitaire public béninois, avec une extension annoncée à d’autres établissements du pays.

Ives Tossou.

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