Depuis son arrivée au pouvoir fin 2024, le président botswanais Duma Boko a fait de la digitalisation de l’administration l’un des piliers de sa gouvernance, avec un objectif assumé : éliminer les gaspillages, renforcer la transparence et rapprocher l’État de ses citoyens. Cette ambition s’incarne dans le Plan de transformation économique du Botswana (BETP), lancé en 2025, qui place les technologies de l’information au cœur de la diversification économique et de l’amélioration des services publics.
Le chef de l’État a été particulièrement direct sur ce sujet devant ses ministres et hauts fonctionnaires, exigeant que chaque action administrative de la collecte des impôts à la délivrance des passeports puisse être suivie en temps réel, condition selon lui indispensable pour rompre avec des méthodes de travail jugées archaïques et sortir des lourdeurs bureaucratiques qui freinent l’efficacité de l’État.
Concrètement, cette vision se traduit par des avancées tangibles. La plateforme unique 1Gov-1Citizen, pierre angulaire de l’administration numérique botswanaise, a vu son offre de services en ligne passer de 33 à 52, couvrant désormais l’enregistrement des enseignants, la prise de rendez-vous administratifs ou encore la facilitation des démarches pour les entreprises. Le pays s’est également doté d’un cadre légal dédié, le Digital Services Act, ainsi que d’une nouvelle Autorité des services numériques chargée de fixer des normes communes d’interopérabilité, de cybersécurité et de gouvernance à l’ensemble des ministères.
L’objectif affiché est celui d’un gouvernement « numérique par défaut » d’ici trois ans, où la technologie ne serait plus un simple outil de modernisation, mais un véritable levier de redevabilité publique. En misant sur l’intelligence artificielle et l’extension du haut débit, les autorités espèrent également diversifier une économie encore largement dépendante des ressources minières.
Pour Duma Boko, cette bataille numérique dépasse la seule efficacité administrative : elle est présentée comme une condition de la confiance citoyenne et de la bonne gouvernance, dans un pays qui ambitionne de rester l’une des références africaines en matière de transparence et d’innovation technologique.
Camille D.
