Le Ghana franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de développement en plaçant la recherche scientifique et l’innovation au cœur de ses priorités. Le président John Dramani Mahama a confié à Zanetor Agyeman-Rawlings la mission de transformer le ministère de l’Environnement, de la Science et de la Technologie en un département mieux connecté aux besoins du pays .
Lors de la prestation de serment de la nouvelle ministre, le 29 août, le chef de l’État a insisté sur la nécessité de soutenir les inventeurs locaux et de rapprocher les universités, les institutions scientifiques et les entreprises. Il souhaite que les jeunes puissent appliquer leurs compétences technologiques à des secteurs clés comme l’agriculture, la santé, l’énergie, l’industrie et l’économie numérique . L’objectif est de faire de la recherche un outil capable de produire des solutions et des emplois, plutôt qu’un secteur évoluant en marge des besoins de l’économie.
L’enjeu est de taille. Les dépenses du Ghana en recherche et développement ne représentaient que 0,39 % du PIB en 2024, un niveau encore inférieur à l’objectif national de 1 % . La même année, 125 résultats de recherche ont été adoptés par l’industrie et 32 technologies ont été commercialisées. Ces chiffres traduisent une progression, mais montrent également les difficultés persistantes à transformer davantage les travaux scientifiques en produits, services et activités économiques.
Pour accélérer cette transformation, le président Mahama a lancé en juin 2026 le Ghana National Research Fund, doté initialement de 100 millions de cedis (environ 8 millions de dollars), pour financer des travaux de recherche, notamment dans les programmes doctoraux et postdoctoraux . Cette initiative vise à accroître les moyens consacrés à la recherche et à renforcer les liens entre le monde scientifique et le secteur productif.
L’intelligence artificielle figure également parmi les domaines prioritaires. En avril 2026, le Ghana a lancé sa stratégie nationale sur l’IA et annoncé un investissement de 250 millions de dollars pour la création d’un centre de calcul destiné à soutenir la recherche et le développement de solutions locales . Le pays prévoit également 20 millions de dollars pour accompagner les premières étapes de mise en œuvre de cette feuille de route.
En misant sur la recherche, l’innovation et l’intelligence artificielle, John Mahama jette les bases d’une économie de la connaissance, où les compétences scientifiques des jeunes deviennent le moteur d’une croissance durable et inclusive. Un pari ambitieux pour un Ghana qui veut compter parmi les nations les plus innovantes du continent.
Kwasi Atta.
