Sur l’invitation gracieuse de Son Excellence M. Évariste Ndayishimiye, Président de la République du Burundi et Président en exercice de l’Union africaine, une délégation de haut niveau du Gouvernement de la Transition pour la Paix l’a rencontré dans la capitale politique, Gitega, afin d’examiner les voies d’une paix durable au Soudan et le rôle attendu de l’Union africaine dans la résolution du conflit et le traitement des causes profondes de la crise.
La délégation était conduite par M. Ibrahim Al-Mirghani, Ministre chargé des Affaires du Conseil des ministres, et comprenait le Professeur Al-Qoni Mustafa, Représentant du Gouvernement de la Transition pour la Paix auprès des Nations unies.
La délégation a remis au Président une lettre du Leader Camarade Mohamed Hamdan Daglo, Président du Conseil présidentiel du Gouvernement de la Transition pour la Paix, et a exposé la vision de l’Alliance fondatrice du Soudan (TAASIS) pour la paix. Cette vision vise à traiter les racines de la crise soudanaise, et non à se contenter d’en atténuer les symptômes. La délégation a affirmé que tout processus de paix sérieux doit débuter par une trêve humanitaire immédiate, l’ouverture de couloirs sécurisés pour l’acheminement de l’aide à des millions de Soudanais souffrant de la faim, des bombardements par drones et de l’utilisation d’armes chimiques. Elle a également souligné que le processus politique doit être inclusif, à l’exclusion uniquement du mouvement islamiste terroriste, de son Congrès national et de ses émanations.
La délégation a expliqué les raisons et les nécessités ayant présidé à la formation du Gouvernement de la Transition pour la Paix, le présentant comme une réponse directe à l’effondrement des institutions de l’État et à la privation de millions de Soudanais de leurs droits constitutionnels les plus élémentaires. Elle a dressé un bilan des services concrets fournis par le gouvernement, notamment la relance du système éducatif, la remise en fonctionnement du système de santé, la revitalisation de l’appareil judiciaire, le rétablissement de la sécurité, la régulation de la vie économique et l’acheminement de l’aide humanitaire à des millions de Soudanais dans les zones défavorisées et touchées par la guerre.
La délégation a également exposé au Président l’évolution de la situation au Soudan et le rôle attendu de l’Union africaine, fondé sur la neutralité, l’intégrité et l’équidistance vis-à-vis de toutes les parties.
La délégation a en outre remis à Son Excellence une protestation officielle contre l’accueil réservé par le Président de la Commission de l’Union africaine, M. Mahmoud Ali Youssef, au dialogue initié par l’armée du mouvement islamiste terroriste. Elle a jugé ce dialogue dépourvu des conditions les plus élémentaires d’un échange équitable, et conduit sous la domination de la partie qui a déclenché la guerre et œuvre à sa poursuite. La délégation a averti que cet accueil, s’il n’est pas corrigé, priverait l’Union africaine de sa neutralité, car il contrevient aux principes fondateurs de l’Union, qui ne reconnaît aucun régime constitutionnel issu d’un coup d’État militaire, et viole la décision du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine ayant suspendu l’adhésion du Soudan à la suite du coup d’État du 21 octobre 2021. La délégation a mis en garde contre le risque que cette voie n’ouvre la porte à un retour des coups d’État militaires sur le continent et ne détourne la décision africaine au profit d’intérêts personnels et factionnels.
La délégation a également présenté un exposé sur les développements récents, notamment l’utilisation d’armes chimiques, la nécessité d’imposer un embargo sur les armes et d’inspecter les installations, ainsi que le danger que des groupes terroristes puissent détenir des armes chimiques dont la menace dépasse le Soudan pour s’étendre à l’ensemble de son environnement régional.
De son côté, Son Excellence le Président Évariste Ndayishimiye a affirmé que la position de l’Union africaine est fermement opposée aux coups d’État militaires, et que les déclarations du Président de la Commission n’engagent pas l’Union dans son ensemble. Il a souligné que la réalisation d’une paix juste au Soudan est une priorité pour lui, que l’Union africaine maintient une distance égale vis-à-vis de toutes les parties, et qu’il œuvrera, durant son mandat à la tête de l’Union africaine, à ce que celle-ci joue un rôle impartial dans la médiation pour mettre fin à la guerre au Soudan. Le Président a en outre effectué un appel téléphonique avec le Leader Camarade Mohamed Hamdan Daglo, Président du Conseil présidentiel du Gouvernement de la Transition pour la Paix, afin d’examiner les possibilités de médiation et les perspectives de paix au Soudan.
La délégation a remercié Son Excellence le Président pour son invitation et pour sa position respectueuse, qui incarne l’héritage du continent africain dans le rejet des coups d’État et l’attachement à la paix. Elle a formulé ses vœux de succès à Son Excellence dans sa mission de réalisation de la sécurité, de la paix et de la dignité pour l’Africain, ainsi que ses souhaits de prospérité et de développement pour le peuple burundais.
