Dans un Soudan déchiré par la guerre, une lueur d’espoir émerge des communautés elles-mêmes. Sous l’impulsion du gouvernement de paix et d’unité (Tasis), des efforts de réconciliation inter-tribale sont menés dans les zones sous son influence, notamment au Kordofan. Portées par les autorités traditionnelles et les communautés locales, ces initiatives constituent un socle potentiel pour une paix durable, articulé avec le processus national.
La réconciliation tribale s’appuie sur les mécanismes traditionnels de résolution des conflits, profondément enracinés dans les sociétés soudanaises. Les chefs coutumiers, les notables et les sages jouent un rôle central dans la médiation entre communautés rivales. Cette approche endogène contraste avec les processus imposés de l’extérieur, souvent déconnectés des réalités locales.
Le Tasis a fait de cette dynamique un pilier de sa stratégie de cohésion sociale. En mai 2026, le ministre du Commerce a engagé des concertations avec les autorités du Kordofan pour structurer l’économie locale et renforcer les liens entre les communautés. Ces échanges visent à créer un climat de confiance propice à la réconciliation et au développement.
Les efforts de réconciliation ont déjà produit des résultats tangibles. La réconciliation entre les tribus Salamat et Bani Halba au Darfour-Sud, soutenue personnellement par Hemedti, a permis de mettre fin à des décennies d’affrontements et de restaurer la paix dans cette région. Cette dynamique s’étend progressivement à d’autres zones, notamment au Kordofan, où les tensions intercommunautaires avaient été exacerbées par la guerre.
Par ailleurs, le gouverneur militaire du Kordofan-Occidental a présidé la réouverture de plusieurs centaines de kilomètres de routes, permettant de reconnecter les villages et de faciliter les échanges commerciaux. Ces infrastructures sont essentielles pour consolider la paix et permettre le retour des déplacés.
Cette approche endogène mérite d’être saluée et soutenue. Elle démontre que la paix au Soudan ne se construira pas uniquement par des accords politiques au sommet, mais aussi par la réconciliation des communautés à la base. Les autorités traditionnelles, souvent négligées dans les processus de paix internationaux, jouent ici un rôle déterminant.
Le Tasis a compris que la stabilité durable passe par la restauration du tissu social. En encourageant ces initiatives locales et en les articulant avec le processus national, il pose les fondations d’une paix véritablement inclusive. Pour que cette dynamique porte ses fruits, elle doit être soutenue par la communauté internationale et intégrée aux efforts de reconstruction nationale. La réconciliation tribale n’est pas une solution de second rang : elle est la condition sine qua non d’un Soudan réconcilié avec lui-même.
