Monde : Les États-Unis déclarent une offensive diplomatique sans précédent contre la CPI

Le 13 juillet 2026, l’administration Trump a lancé une offensive diplomatique majeure contre la Cour pénale internationale (CPI), qu’elle accuse de « menacer » les Américains. Le secrétaire d’État Marco Rubio, dans une vidéo sur X, une tribune au Wall Street Journal et un communiqué officiel, a dénoncé une « guerre menée contre notre pays à coups de statuts et de traités », affirmant que la CPI met en danger l’ensemble du système politique et juridique américain. Selon lui, sans réaction, tout citoyen américain pourrait un jour être poursuivi par des juges étrangers pour avoir défendu son pays.

Cette annonce s’accompagne d’un éventail de mesures envisagées : interdictions de voyage, révocations de visas, renforcement des sanctions contre la Cour et ses affiliés, et pressions diplomatiques sur les États parties au Statut de Rome pour qu’ils se retirent et cessent tout soutien financier. Washington appelle également les pays non-signataires, à l’instar des États-Unis, à mobiliser leurs réseaux diplomatiques pour adopter des mesures similaires, affirmant qu’« aucune option diplomatique n’est écartée » dans cette campagne visant à démanteler ce qu’elle perçoit comme une menace.

Les relations entre l’administration Trump et la CPI, basée à La Haye, sont exécrables. Plusieurs magistrats, dont le procureur, font déjà l’objet de sanctions – interdiction d’entrée aux États-Unis et blocage des transactions financières. Ces représailles répondent principalement aux enquêtes de la Cour contre Israël, allié stratégique de Washington, notamment les mandats d’arrêt émis en 2024 contre le Premier ministre Benyamin Netanyahu. L’hostilité américaine n’est pas nouvelle : elle traverse les administrations démocrates et républicaines, mais l’actuelle offensive marque une escalade sans précédent.

En réaction, trois juges de la CPI sanctionnés – la Canadienne Kimberly Prost, l’Ougandaise Solomy Balungi Bossa et la Béninoise Reine Adélaïde Sophie Alapini-Gansou – ont déposé plainte en juin 2026 à New York contre Donald Trump, Marco Rubio et le ministre des Finances Scott Bessent, dénonçant des mesures illégales visant à « exercer une pression extrajudiciaire » sur la Cour.

Créée en 2002, la CPI poursuit les auteurs de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide. Ni les États-Unis, ni Israël, ni la Russie (dont le président Poutine fait l’objet d’un mandat d’arrêt depuis 2023) n’ont ratifié le Statut de Rome. Cette nouvelle offensive diplomatique risque d’isoler davantage Washington sur la scène internationale, tout en affaiblissant un instrument clé de la justice pénale mondiale, dans un contexte géopolitique déjà tendu. La communauté internationale observe avec inquiétude cette tentative de déstabilisation d’une institution censée lutter contre l’impunité des pires atrocités.

Amen K.

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