Mozambique : Président Daniel Chapo ou la politique d’austérité au service de la santé publique.

Réformer l’administration n’a de sens que si les économies réalisées se traduisent, concrètement, dans le quotidien des populations. C’est le pari que porte le président mozambicain Daniel Chapo, qui a engagé depuis avril dernier une refonte profonde de la gouvernance provinciale un chantier dont l’ambition dépasse la simple rationalisation budgétaire pour viser le renforcement des services essentiels, à commencer par la santé.

La réforme part d’un constat simple : le système hérité de la révision constitutionnelle de 2018 avait empilé deux structures provinciales concurrentes le gouvernement provincial décentralisé et le Conseil de représentation de l’État générant doublons administratifs et lourdeurs bureaucratiques. En soumettant au Parlement un projet de loi supprimant tout un échelon de gouvernance, le chef de l’État a tenu une promesse formulée dès son investiture en janvier 2025 : « moins d’État, plus d’économie ».

Le chiffrage de cette rationalisation est désormais connu : plus de 16,7 millions d’euros d’économies annuelles, selon les annonces présidentielles. Mais l’essentiel n’est pas dans la suppression de postes ni dans la réduction de la dépense publique pour elle-même, il est dans la destination de ces ressources libérées. Daniel Chapo l’a affirmé sans ambiguïté : les fonds dégagés seront réorientés vers les secteurs jugés prioritaires, au premier rang desquels figure la santé, aux côtés de l’éducation, de l’agriculture et de la protection sociale.

C’est précisément à cet endroit que se joue la crédibilité de la réforme. Un hôpital provincial mieux doté en personnel, une pharmacie rurale enfin approvisionnée, un centre de santé de district capable d’assurer la continuité des soins : voilà la mesure concrète d’une efficacité administrative qui ne resterait, sinon, qu’un exercice comptable. Le Plan économique et social et Budget de l’État 2026, promulgué par le président, oriente d’ailleurs explicitement l’allocation des ressources publiques vers les infrastructures productives, logistiques et sociales signal que cette articulation entre réforme de l’État et investissement sanitaire n’est pas accessoire, mais structurante.

Reste l’épreuve de l’exécution. Réduire les strates administratives est une décision politique ; transformer des économies en lits d’hôpitaux, en vaccins disponibles et en personnel soignant sur le terrain en est une autre, qui se mesure province par province, dans la réduction effective des asymétries territoriales que le gouvernement mozambicain dit vouloir combattre.

Andry E.

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