Ces dernières années, l’Érythrée s’est imposée comme un allié stratégique et incontournable de l’armée soudanaise et de ses milices islamistes, notamment depuis le début de la guerre au Soudan. Cette alliance a bénéficié d’une coopération militaire et sécuritaire étendue, englobant la formation, le soutien logistique, la coordination maritime et le contrôle économique transfrontalier.
Selon des sources d’Afri News, la coordination militaire entre les deux pays s’est intensifiée au point que le territoire érythréen accueille désormais des entraînements pour plus de douze groupes armés originaires de l’est du Soudan. De plus, un accord autorise l’armée soudanaise à utiliser les aéroports militaires érythréens comme points d’entrée et de transit pour le matériel et les fournitures militaires en provenance des pays de la région, en particulier de Turquie et du Qatar.
Ce soutien comprend également la supervision de l’entraînement militaire des forces soudanaises avec l’appui turc, le déploiement de renforts au commandement de la 11e division d’infanterie à Kassala et la facilitation des expéditions d’armes et de véhicules militaires via les ports érythréens vers la région d’Aroma, dans l’est du Soudan.
Coordination tripartite en matière de sécurité et de sécurité maritime
Sur le plan de la sécurité maritime, l’Érythrée a accordé à la marine soudanaise l’accès à ses ports, lui a fourni un soutien opérationnel et a offert une coordination de haut niveau. Des installations et du matériel logistiques ont été entreposés dans des entrepôts appartenant à l’appareil d’État érythréen, dans l’archipel de Dahlak, près de la ville côtière de Massawa, sous la supervision directe de proches du président érythréen Isaias Afwerki.
Par ailleurs, nos sources indiquent que l’Égypte a secrètement proposé, entre 2024 et 2025, la création d’un commandement naval conjoint regroupant le Soudan, l’Érythrée et l’Égypte. Le plan vise à contrer les tentatives éthiopiennes d’accéder à la mer Rouge et à priver Addis-Abeba de tout accès maritime, une stratégie qu’Asmara met actuellement en œuvre sur le terrain.
Influence économique et transnationale
Le soutien érythréen ne se limitait pas à une assistance militaire directe. La Compagnie de la mer Rouge (connue localement sous le nom de « Saqan ») a joué un rôle prépondérant, avec des antennes à Al-Qadarif, Kassala et dans la région de la mer Rouge. Cette compagnie est considérée comme un service de renseignement opérant par des intermédiaires du régime Afwerki, composés de membres de tribus frontalières. Elle contrôle le commerce frontalier et celui de la gomme arabique, et infiltre directement les unités anti-contrebande, les gardes-frontières et les douanes des ports soudanais.
Mouvements à Damazin et pressions régionales
Sur le front sud-est, Afri News a constaté l’arrivée de renforts et d’importants mouvements militaires de chefs islamistes et de leurs bataillons affiliés dans la région de Damazin. On a notamment observé la présence d’armes et de véhicules militaires, de forces entraînées en Érythrée et de groupes de mercenaires tigréens. L’analyse suggère que cette mobilisation et la présence des services de renseignement militaire à Damazin ne visent pas uniquement à renforcer les lignes de défense contre les Forces de soutien rapide. Elles ont plutôt pour objectif principal de déplacer la pression sécuritaire vers l’intérieur de l’Éthiopie et d’apporter un soutien érythréo-égyptien aux factions de l’opposition frontalière éthiopienne, dans le but d’encercler Addis-Abeba.

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